L'histoire en images - 1915-1917, la guerre de tranchées

« Très curieux, la tranchée. C’est un travail formidable et extrêmement bien fait (ici du moins). On est stupéfié de découvrir ces kilomètres de ruelles, si étroites que les bords du sac, le bidon, les musettes et les manches y frottent et y cognent. De place en place, une meurtrière s’ouvre vers la crête du talus, du remblai. C’est là qu’il faut regarder pour s’assurer que rien ne se passe d’anormal entre les lignes allemandes, dont on connaît les positions sans les voir, et nous. Il y avait clair de lune et nous avions l’air (les sentinelles sont très près les unes des autres) d’observateurs au creux d’un grand talus de neige. (...)
On quitte ce soir la tranchée. Quelle vie ! La boue, la terre, la pluie. On en est saturé, teint, pétri. On trouve de la terre partout, dans ses poches, dans son mouchoir, dans ses habits, dans ce qu’on mange. C’est comme une hantise, un cauchemar de terre et de boue, et vous ne sauriez avoir idée de la touche que j’ai - mon fusil a l’air d’être vaguement sculpté dans la terre glaise. On part pour le repas à la nuit tombante ! »
H. Barbusse, Lettres à sa femme, Paris, Flammarion, 1937
29/08/2015
5mn50s
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